Quand les tempêtes arrivent, gardons à l'esprit les plus pauvres - CIDSE

Quand les tempêtes arrivent, pensons aux plus pauvres

À quelques semaines des pourparlers de Doha sur le climat, l'Union européenne doit tenir ses engagements de soutenir financièrement les pays en développement pour qu'ils puissent faire face aux conséquences du changement climatique. Sandy nous a rappelé pourquoi, déclare Mgr Theotonius Gomes, président de Caritas Bangladesh

Alors que les négociations internationales sur le climat sont sur le point de rouvrir dans quelques semaines à Doha (26 novembre - 7 décembre 2012), l’UE doit tenir ses promesses d’aider financièrement les pays en développement à faire face aux conséquences du changement climatique.

Les regards du monde entier étaient tournés vers New York lorsque la super-tempête Sandy s’est approchée de celle-ci à la fin du mois d’octobre, laissant derrière elle de nombreux ravages sur les côtes orientales de l’Amérique centrale et des États-Unis. Contrairement à beaucoup d'autres pays touchés, les États-Unis sont bien préparés pour faire face aux catastrophes naturelles violentes. Même si chaque vie perdue est une de trop, relativement peu de personnes sont mortes aux États-Unis. Si une tempête similaire avait frappé les côtes méridionales du Bangladesh, de nombreuses vies auraient été perdues et encore plus de personnes n'auraient plus de toit et aucun service sur lequel se reposer.

Une étude menée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a révélé que les catastrophes naturelles entre 1980 et 2002 avaient causé une moyenne de décès par tempête de vent aux États-Unis aux États-Unis, contre près de 17 au Bangladesh. Les tempêtes sont également brutales partout. mais les pertes en vies humaines et les ravages peuvent être contrôlés en fonction de la capacité de chacun à y faire face. Cela inclut la capacité financière. Alors que les pays développés comme les États-Unis l'ont, le Bangladesh doit encore renforcer cette capacité et il a besoin d'un soutien pour le faire.

Bien que beaucoup d'efforts aient déjà été entrepris, le Bangladesh ne sera jamais suffisamment préparé sans l'aide de l'UE et des autres pays développés. Les accords visant à aider les pays en développement confrontés à des impacts de plus en plus graves des changements climatiques datent de 2009.

Les pays développés ont créé un fonds, le Fonds vert pour le climat (GCF), qui a annoncé une contribution de 100 par an pour les besoins liés au climat dans les pays en développement. En décembre, la première période de financement pour le climat s'achève, mais rien ne garantit l'avenir du financement à partir de 2020.

À l'heure actuelle, il est urgent de débourser de nouveaux fonds pour les pays vulnérables au changement climatique. Sinon, à partir de janvier 2013 et au cours des années à venir, des pays comme le Bangladesh pourraient devoir lutter seuls contre la montée du niveau de la mer, des pluies irrégulières et des conditions météorologiques de plus en plus extrêmes, sans les moyens adéquats.

Nous sommes heureux que l'UE ait reconnu qu'il existait un impératif moral d'agir, soulignant la nécessité de la solidarité et du soutien des pays en développement pour s'attaquer à un problème dont ils ne sont pas responsables. Mais les plus pauvres de la planète doivent être au cœur des négociations concluantes en vue d'un nouvel accord mondial sur le climat, ce qui nécessite des engagements financiers clairs.

J'exhorte donc les ministres des Finances de l'UE, qui se rencontrent lors du 13 de novembre 2012, à prendre des mesures concrètes en prévision du sommet de Doha sur le climat.

Lors du sommet sur le climat de l'année dernière à Durban, l'UE a réussi à collaborer avec les groupes des pays les moins avancés et des petits États insulaires pour faire avancer les négociations au-delà de l'impasse. Ce sera un atout important pour l'UE de faire progresser cette collaboration lors du sommet de Doha sur le climat, qui sera difficile sans réaliser de progrès sérieux en matière de financement de la lutte contre le changement climatique.

Un signal positif de l'UE, allant au-delà de la difficile situation économique mondiale actuelle et rétablissant son leadership, peut donner un véritable élan aux négociations sur le climat à Doha. J'espère et prie pour cela.

Mgr. Theotonius Gomes est un évêque catholique du Bangladesh et a plaidé pour la justice climatique aux côtés de CIDSE depuis le sommet international 2008 sur le climat à Poznan, en Pologne.

Cet article a été publié pour la première fois en Le Huffington Post

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