Il est temps pour les pays riches de payer leur dette écologique - CIDSE
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Le temps est venu pour les pays riches de payer leur dette écologique

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Un appel à la justice climatique en prévision de la réunion des ministres des finances à Lima.

Article d'opinion de Mgr Theotonius Gomes, évêque auxiliaire (émérite) de Dhaka, Bangladesh. The Op-Ed a été publié à l'origine sur Le diplomate.

Aujourd'hui, les ministres des Finances du monde entier se réunissent à Lima lors de la réunion annuelle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se tiendra en amont du sommet 2015 des Nations Unies sur le climat, à Paris. C'est un moment propice pour réfléchir aux problèmes financiers du changement climatique et pour examiner la responsabilité historique des nations les plus riches vis-à-vis des pays les plus pauvres d'aider à faire face et à atténuer les effets néfastes du changement climatique, pour un monde plus juste.

Mon pays, le Bangladesh, est le pays le plus menacé par le changement climatique. Les inondations destructrices, en particulier dans les zones côtières basses, les tempêtes violentes et meurtrières plus fréquentes alimentées par le changement climatique, ainsi que les rendements agricoles essentiels en pourcentage 50, sont parmi les conséquences dramatiques du changement climatique auquel notre population est confrontée. De même, il y a des sécheresses dévastatrices à grande échelle en Afrique, une pollution au mercure à l'échelle locale provenant de l'extraction de l'or ou du dioxyde de soufre provenant de l'extraction du cuivre, et d'autres problèmes dans de nombreux pays en développement.

Les actions d'entreprises multinationales peuvent également avoir des effets néfastes qui, en se retirant de leurs activités dans les pays en développement, peuvent engendrer un chômage énorme, des villes abandonnées, des ressources naturelles réduites en nombre, la déforestation et des rivières et cours d'eau pollués.

Les pays en développement supportent un fardeau disproportionné des coûts sociaux, économiques et environnementaux dévastateurs du changement climatique. Ils sont les moins en mesure de payer pour se protéger et les moins en mesure de gérer ses effets. La responsabilité est donc plus grande pour les pays développés qui en sont responsables. Dans son encyclique Laudato Si, le pape François a déclaré qu’il était opportun: «Le Nord du monde a une dette écologique vis-à-vis du Sud de la planète, en raison de l’utilisation disproportionnée des ressources naturelles par certains pays pendant de longues déséquilibres et inégalités que nous constatons aujourd’hui. "

Le changement climatique fait peur, mais nos efforts communs pour y faire face seront la preuve de notre leadership responsable sur notre planète. La responsabilité de faire avancer les actions en faveur du climat et de payer pour une proportion équitable incombe aux pays qui ont le plus de pouvoir pour apporter des changements. Nous espérons que les gouvernements, en particulier les pays développés, feront preuve d'un engagement et de décisions ambitieux. En solidarité, les pays en développement eux-mêmes s'engageront aussi courageusement que possible. Aux côtés de tous les pays, divers acteurs et ONG seront activement présents, tels que la Coopération internationale pour le développement et la solidarité (CIDSE), qui plaide depuis longtemps pour la justice climatique en plaçant les pauvres le centre de leur travail, et continuera à faire.

J'espère qu'à Paris, les pays développés seront en mesure de prendre des mesures pour maintenir le réchauffement planétaire en dessous du seuil 1.5 ° C qui, selon la science, devrait permettre d'éviter un changement climatique dangereux, ainsi que pour réduire les émissions de gaz toxiques et pour limiter de manière significative la consommation de ressources non renouvelables. l'énergie en s'éloignant des combustibles fossiles, pour garder notre Terre propre.

Je souhaite de tout cœur que la Conférence des ministres des Finances de Lima, réunie dans le monde entier, décide également et tout aussi important de payer sa dette écologique au Sud. S'agissant de la lutte contre le changement climatique, les pays du monde ont des responsabilités différenciées. J'appelle les pays riches à s'acquitter de leur devoir de réduire les émissions et de financer le climat. Cela s'inscrit dans l'accord conclu par 2009 lors du Sommet des Nations Unies sur le climat de Copenhague, à savoir l'octroi d'un milliard de dollars 100 pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique, ce qu'ils doivent maintenant faire.

Lors du sommet 2015 des Nations Unies sur les changements climatiques à Paris, les dirigeants doivent s'accorder sur un «paquet financier» sur le climat qui couvre les périodes pré-2020 et post-2020, avec au moins X pour cent financé par des fonds publics prévisibles pour répondre aux besoins en matière d'adaptation des communautés les plus pauvres et les plus vulnérables, compte tenu également des dommages climatiques causés par une industrialisation incontrôlée.

Je prie et espère que nos ministres des Finances, engagés dans ce secteur extrêmement important et essentiel des affaires économiques des nations, examineront avec magnanimité et avec diligence la responsabilité historique que les pays plus riches ont à l'égard des pays plus pauvres, de sorte que nous puissions tous ensemble devenir Communion des peuples et des nations, selon les mots du pape François, sur cette "notre maison commune", la planète Terre.

 

 

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