Comment «l'approche genre» est façonnée par les partenaires des zones rurales de la région des Grands Lacs - CIDSE

Comment «l'approche genre» est façonnée par les partenaires des zones rurales de la région des Grands Lacs

Pendant le carême, la plupart des organisations membres de la CIDSE mènent des campagnes sur un thème particulier, mettant en valeur le travail des partenaires du Sud et leur propre travail aux niveaux national et international. L’objectif de ces campagnes est de sensibiliser et d’apporter un soutien politique et financier à leur travail et à celui de leurs partenaires.

 Cette année, Entraide et Fraternité, membre francophone de la CIDSE, a pour thème de campagne le rôle que jouent les femmes de la région des Grands Lacs dans la transformation de l'agriculture afin de répondre aux diverses crises (socio-économiques, politiques, écologiques, voire sociales). humanitaire). Dans ce blog, Hélène Capocci, responsable du plaidoyer et de la recherche à Entraide et Fraternité, revient sur ce qu'elle a appris sur l'approche de l'égalité des sexes de la part de partenaires des zones rurales du Burundi et du Sud-Kivu (RDC) en Afrique, qui jouent un rôle central dans leur campagne de carême. 2018.

«Il est essentiel de placer une discussion sur l'égalité des sexes dans le contexte africain, du point de vue socioculturel spécifique.» Cette déclaration de Martin Nivyabandi, ministre burundais du genre, reflète les points de vue exprimés dans les discussions sur le genre que j'ai rencontrées lors de mes visites sur le terrain. Il souligne à quel point il est important de prendre en compte la dynamique socioculturelle complexe de la relation entre les sexes afin de développer une approche efficace de l'égalité des sexes.

Pour certains partenaires, travailler pour l'égalité des sexes ne se limite pas à travailler avec les femmes. Les jeunes, les soldats plus âgés et les enfants sont souvent abordés. Cette approche inclut tous ceux qui sont discriminés et mis de côté par le système patriarcal. «Nous travaillons avec une approche holistique de la famille ensemble et non avec une vision isolée des femmes, des hommes et des enfants. Nous adressons l'injustice sociale pour tout le monde! »

Le travail des partenaires d'Entraide et Fraternité est principalement concentré dans le secteur de l'agriculture familiale. S'il ne fait aucun doute que les femmes jouent un rôle essentiel dans l'agriculture paysanne, ce rôle est en grande partie invisible et sous-évalué. Conscients que la souveraineté alimentaire ne peut effectivement être réalisée que si les femmes sont respectées et incluses dans le processus de décision et la gestion des revenus, nos associations partenaires au Burundi et au Sud-Kivu (RDC) œuvrent dans ce sens. Bien qu'ils ne se définissent pas eux-mêmes comme des «féministes», un mot qu'ils associent souvent à une notion occidentale de confrontation et de vengeance, ils partagent certaines idées féministes.

Dans la culture de la région des Grands Lacs, la masculinité est associée à l'affirmation de l'autorité et du pouvoir, une caractéristique typique est l'indépendance financière. Dans un contexte agraire, un homme est respecté lorsqu'il possède les ressources avec lesquelles il peut entretenir une famille. Cependant, le contexte économique actuel et l'instabilité politique rendent très difficile l'acquisition et la possession de propriétés (déplacement de population, pillage de récoltes et de bétail ou occupation de terres par des milices).

Plus de 70% des affaires devant les tribunaux ou la médiation en Afrique concernent des conflits fonciers. Les paysans sont vulnérables à la dépossession causée par divers facteurs: fragmentation des propriétés foncières, pression démographique, expropriation pour des projets immobiliers ou d'exploitation minière, accaparement de terres par les élites locales ou des investisseurs étrangers pour l'agroalimentaire ou l'exploitation forestière.

Pour de nombreuses raisons, les hommes ne sont souvent pas en mesure de respecter les critères traditionnels de la masculinité. Dans la situation actuelle, les femmes ont de plus en plus de responsabilités (travail agricole, activités économiques, etc.). Cela entraîne un sentiment de perte de valeur personnelle chez les hommes et est l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses organisations locales choisissent une approche de genre inclusive. Les hommes doivent faire partie du changement en faveur de l'égalité des sexes et être en mesure de s'identifier de manière positive vis-à-vis des femmes. Cela réduit les risques de frustration chez les hommes et renforce le sentiment de rejet. J'ai compris qu'il s'agissait d'une approche indispensable, en particulier dans une situation de grande tension sociale et de violence à l'égard des femmes. En effet, il est très important de tenir compte de la société post-conflit, de l’instabilité politique et du climat d’insécurité lorsqu’on travaille sur les questions de parité dans la région des Grands Lacs. Dans un contexte où toute une génération d'adultes de la région des Grands Lacs porte les blessures d'une période de conflit prolongé, une éducation spécifique à l'intention des jeunes est essentielle pour contrer la banalisation de la violence et la fin du climat d'impunité.

Un de nos partenaires au Burundi a expliqué: «Nous ne voulons plus de conflit. Nous ne sommes pas en faveur d'une vision conflictuelle, qui ne donnerait pas de bons résultats mais augmenterait les conflits au sein des ménages. Nous préférons promouvoir l'harmonie, le respect mutuel, la complémentarité, ce qui contribue réellement à changer les relations entre hommes et femmes ».

En outre, le travail de nos partenaires englobe également l'éducation des femmes adultes (pour accroître leur autonomie et la gestion des organisations paysannes), la formation à l'égalité des sexes (au niveau des structures au sein des organisations paysannes et des ménages) et le renforcement de la participation citoyenne des femmes à la gestion administrative. corps. Ces mesures contribuent à accroître la représentation et la participation des femmes à la prise de décision.

J'ai trouvé cette approche encourageante: un processus de changement est visible sur le site dans les communautés rurales. Un nombre croissant de filles allant à l'école et de femmes occupant des postes de responsabilité, des hommes qui aident à la récolte, effectuent des tâches ménagères et sont plus présents à la maison. Garçons contribuant à des tâches traditionnellement associées à leurs mères ou à leurs soeurs. Les femmes, déterminées à prendre leur destin en main, sont conscientes de la nécessité d'éduquer leurs enfants différemment, afin de garantir l'égalité des sexes à long terme.

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