Après la COP30 — Le monde ne peut ignorer l’appel de Belém à la justice climatique – CIDSE

Après la COP30 — Le monde ne peut ignorer l’appel de Belém à la justice climatique

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Bruxelles, 22 Novembre 2025

Alors que la poussière retombe à Belém après deux semaines de négociations intenses, le CIDSE constate à la fois le regain d'esprit de multilatéralisme manifesté et la réalité préoccupante que les mécanismes d'action restent insuffisants face à l'urgence de la crise climatique actuelle.

La COP30 a été marquée par la présence dynamique de la société civile, des peuples autochtones et des communautés locales, qui ont repris leur place au cœur des discussions sur le climat. Le Sommet des peuples (12-16 novembre) a démontré que le véritable changement doit émerger de la base – des communautés en première ligne, systématiquement exclues des instances décisionnelles – rappelant au monde que la justice climatique est indissociable de la justice sociale, économique et écologique, ainsi que des savoirs ancestraux et de la nature, comme cela nous a été constamment rappelé à Belém.

Une épreuve du multilatéralisme
Malgré des nuits blanches, des divergences de points de vue et même une évacuation d'urgence due à un incendie, les parties prenantes – notamment celles des pays du Sud – se sont unies derrière le Mécanisme d'action de Belém (MAB) comme feuille de route pour la transition énergétique. Comme l'a déclaré le pape Léon XIV dans son message pour la COP30 : « Au milieu d'un monde en proie aux flammes… cette Conférence doit devenir un signe d'espérance, par le respect manifesté envers les points de vue des autres dans l'effort commun pour trouver un langage commun et parvenir à un consensus. » L'esprit du multilatéralisme, mis à l'épreuve mais non vaincu, a démontré sa résilience. 

Le fossé entre la vision et l'action
Pourtant, malgré une visibilité accrue des peuples autochtones et des communautés affectées à Belém, les mécanismes permettant de garantir que leurs voix soient prises en compte restent insuffisants. Un réseau d'organisations catholiques, inspiré par Laudato Si ' et Laudate Deum, Nous ne pouvons accepter des réponses climatiques qui protègent les puissants au détriment des populations vulnérables. La crise climatique est indissociable de la pauvreté, des inégalités et de l'exclusion. Une véritable réponse doit être globale : elle doit protéger à la fois les populations et la planète, promouvoir le bien commun et honorer notre responsabilité envers les générations futures. 

L’ambition doit être plus grande que jamais. Et pour mettre en œuvre des réponses climatiques efficaces, nous devons rompre avec le système colonial actuel et assumer la responsabilité des nations riches qui n’ont pas été tenues responsables ni n’ont agi pour alléger la dette écologique qui pèse encore aujourd’hui sur les pays du Sud, plus vulnérables que jamais aux changements climatiques.

« Une transition énergétique véritablement juste et équitable ne sera possible qu’à travers une transformation profonde de notre système économique. Et si cela implique de repenser notre conception de la croissance, alors le moment est venu de réfléchir ensemble et d’agir avec courage », a commenté un porte-parole de la communauté. Josianne GauthierSecrétaire général de la CIDSE.

« La COP30 a été saluée comme le moment de vérité et d'action. La vérité, c'est que nous ne pouvons plus nous laisser berner : les pays du Nord ont perdu la crédibilité nécessaire pour diriger, malgré leurs capacités et leurs responsabilités considérables. Nos dirigeants ont esquivé un engagement ferme en faveur de la transition énergétique, malgré la demande croissante. Mais nous avons obtenu le Mécanisme d'action de Belém (MAB), une transition juste et équitable se poursuit, une transition qui garantit que personne ne soit exclu ou sacrifié politiquement, socialement ou économiquement au nom de l'ambition et de l'action climatiques. C'est le pouvoir du peuple, mais le chemin est encore long », a déclaré… Lydia Machaka, Chargé de mission du CIDSE en matière d'énergie et d'extractivisme.

La feuille de route de Belém doit reposer sur des engagements concrets, un financement adéquat – fondé sur des subventions et non sur des prêts – et des structures qui placent la justice et la dignité humaine au cœur des priorités, tout en préservant les engagements déjà pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Les pays doivent revoir leurs ambitions à la hausse et mettre en place sans délai un mécanisme de sortie progressive des énergies fossiles. Il est urgent d’agir.

De Belém au monde
L’esprit de Belém – celui de marcher ensemble, de donner la priorité aux exclus, de privilégier la solidarité à l’intérêt personnel – ne doit pas rester cantonné à l’Amazonie. La terre crie. Les pauvres crient. Belém les a entendus. Il est temps que le monde agisse.


AVIS AUX EDITEURS : 

La CIDSE est une famille internationale d’organisations catholiques œuvrant pour la justice sociale. Avec nos partenaires et allié·es du monde entier, nous nous employons à promouvoir la justice en mobilisant le pouvoir de la solidarité mondiale afin de parvenir à un changement transformationnel en faveur des peuples et de la planète. Nous dénonçons les injustices systémiques et leurs impacts destructeurs et soutenons des alternatives environnementales et sociales justes pour permettre à toutes et à tous de s’épanouir dans notre maison commune. Toute l’action de la CIDSE s’inspire de la doctrine sociale de l'Église et des valeurs de l’Évangile. www.cidse.org

Les membres de la CIDSE sont : Broederlijk Delen (Belgique), CAFOD (Angleterre et Pays de Galles), CCFD-Terre Solidaire (France), Cordaid (Pays-Bas), Développement & Paix (Canada), Entraide et Fraternité (Belgique), eRko (Slovaquie), Fastenaktion (Suisse), FEC (Portugal), FOCSIV (Italie), Partage Lu (Luxembourg), KOO (Autriche), Manos Unidas (Espagne), Maryknoll Office for Global Concerns (États-Unis), MISEREOR (Allemagne), SCIAF (Écosse) , Trócaire (Irlande), Vastenactie (Pays-Bas).

Pour plus d'informations sur Activités de la CIDSE à la COP30, visitez notre page web.

CONTACTS MEDIAS
– Annia Klein, chargée de communication de la CIDSE, klein(at)cidse.org
– Lydia Machaka, chargée de la politique énergétique et de l’extractivisme à la CIDSE, machaka(at)cidse.org
– Giorgio Gotra, responsable des opérations et de la communication de la CIDSE, gotra(at)cidse.org



Réactions supplémentaires des membres du CIDSE :


Photo de couverture : COP30, Crédit CIDSE

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